Les pays de l’Union Européenne comptent parmi les plus gros consommateurs de poisson dans le monde, avec une moyenne de 22kg par an et par personne (34kg pour la France). Virtuellement, si nous devions donner une date à partir de laquelle nous (français) avons épuisé nos quotas de pêche et devons donc compter sur l’importation pour satisfaire la demande des consommateurs, ce serait au 21 mai, contre le 6 septembre en 1990. Et encore, le calcul prend en compte l’aquaculture, sans laquelle ce jour remonterait au 8 avril…

70% des ressources halieutiques sont exploitées à un rythme tel qu’elles n’ont pas le temps de se renouveler : c’est la surpêche. Pour couronner le tout, près d’un quart des prises, soit environ 27 millions de tonnes de poisson, est simplement rejeté en mer et perdu car ne correspondant pas aux prises visées ou à la taille requise.

La surpêche entraîne des effondrements brutaux et inattendus de populations de poissons et donc d’irrémédiables déséquilibres sur les écosystèmes marins. Mais on aurait tort de privilégier à ce saccage évident des ressources, l’aquaculture (ou pisciculture) : il faut en effet 2kg de poisson sauvage pour obtenir 1kg de poisson d’élevage : ces derniers, carnivores pour la plupart, sont nourris avec des farines de poisson sauvage…

Il a également fallu du poisson sauvage pour obtenir… de la viande ! Saviez-vous que le bétail américain consomme plus de poisson (sous forme de farines inclues dans leur alimentation) que toute l’Europe réunie ?

Cette consommation croissante de poisson (au niveau mondial, on est passé de 9kg par an et par personne dans les années 60 à 17kg en 2007) a engendré l’apparition sur les étals des poissonneries de nouvelles espèces pêchées en eaux profondes, et d’importations de poissons peu chers comme le Panga dont on a entendu parler récemment.

Ce poisson est originaire du Vietnam, et plus précisément du delta du Mékong, un des fleuves les plus pollués du monde, où l’on retrouve métaux lourds, PCB et autres résidus industriels dans des concentrations inquiétantes. Comme une majorité de poissons d’élevage, on injecte au Panga des hormones pour le faire grossir et se reproduire plus rapidement. Sa nourriture consiste en un mélange de farines animales et végétales (dont très probablement du soja OGM !) Le consommateur obtient donc un poisson certes abordable, mais insipide, et pire, dangereux…

Mais ce n’est pas le seul poisson à contenir des résidus toxiques pour la santé. De manière générale, dans les tissus des gros poissons gras qui se situent en bout de chaîne alimentaire (espadon, thon, requin, marlin…) se concentrent les métaux lourds (mercure principalement, neurotoxique). On déconseille d’ailleurs maintenant aux femmes enceintes de manger du thon plus d’une fois par semaine !

Au consommateur alors d’initier une pêche durable (et saine !) en refusant d’acheter du poisson d’élevage ou issu de la pêche industrielle.

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